Pourquoi le coronavirus est-il dangereux ?

Par - 29 mars 2020

Plus l’épidémie de coronavirus s’accélère, plus l’inquiétude monte. Faut-il vraiment avoir peur de ce virus ? Pourquoi ? Quels sont ses principaux dangers ? Le confinement suffit-il à le freiner ? Qui sont les personnes plus à risque de développer une forme grave d’infection au coronavirus ? Réponses d’immunologues.

C’est un fait : le coronavirus a déjà fait des milliers de morts à travers le monde et le bilan ne cesse de s’alourdir dans la majorité des pays dont la France où le virus progresse à très grande vitesse. Point sur les inquiétudes et chiffres à date.

Quel est le taux de mortalité du coronavirus ?

Le taux de mortalité du coronavirus est de 2%, supérieur à celui de la grippe qui est de 1 pour 1000 mais bien moindre que celui du Sras qui était de 10%. Comme nous le disait le Dr Gérald Kierzek récemment “la mortalité en elle-même n’est pas énorme, individuellement elle est de 0 à 1 %, c’est pas Ebola, c’est pas la peste, en revanche collectivement il y a un taux de pénétration, un taux d’attaque, dans la population extrêmement élevé, il est très contagieux”.

Combien de cas graves ?

Selon les chiffres publiés par le Centre chinois de contrôle des maladies :

    • 80% des cas de coronavirus sont sans gravité,
    • 15% sont considérés comme sévères,
    • 5% sont jugés graves.

“Personne n’a encore de mémoire immunitaire contre ce virus et tout un chacun est susceptible d’être infecté”

Alors dangereux ou pas, le coronavirus ?

“Le Covid-19 est dangereux dans la mesure où il touche une population qu’il n’avait jamais rencontrée auparavant. Personne n’a encore de mémoire immunitaire contre ce virus et tout un chacun est susceptible d’être infecté. Le problème, c’est qu’on n’a pas d’anticorps ni de cellules cytotoxiques spécifiques du virus pour y faire face. Or, comme tout virus qui va infecter une population, il y a toujours des gens qui sont plus faibles que d’autres et qui ne vont pas être capables de s’en défendre efficacement. À titre de comparaison, les virus actuels de la grippe sont beaucoup moins graves parce qu’une proportion importante de personnes y a déjà été confrontée ou a été vaccinée et en a une mémoire immunitaire protectrice. Néanmoins, il faut savoir que la grippe cause entre 5000 et 10.000 morts chaque année en France, même parfois chez des personnes qui sont vaccinées parce que leur système immunitaire est affaibli et ne réagit pas suffisamment. Des chercheurs chinois ont démontré que les formes graves d’infection à coronavirus touchaient essentiellement les personnes de plus de 80 ans avec une décroissance du pourcentage de formes graves chez les sujets plus jeunes”, remarque le Dr Crozon.

A quel âge est-il le plus dangereux ?

“Selon les données de près de 80 000 cas en Chine, la mortalité est nulle chez les enfants et quasi nulle jusqu’à 50 ans. Elle augmente ensuite et les décès sont liés le plus souvent à une pathologie sous-jacente ou à l’âge (taux de mortalité de 14,8 % au-delà de 80 ans, 7 % entre 70 et 80 ans)” rappelle le Dr Matthieu Lafaurie, infectiologue. Cependant, si les personnes fragiles et âgées sont les plus à risque de développer une forme grave d’infection au coronavirus, 6% des malades hospitalisés en réanimation en France à cause du coronavirus ont moins de 60 ans.

Personnes les plus à risque

Les personnes les plus à risque de développer une forme grave d’infection au coronavirus :

  • personnes âgées de 70 ans et plus (même si les patients entre 50 ans et 70 ans doivent être surveillés de façon plus rapprochée) ;
  • patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV
  • les malades atteints de cirrhose au stade B au moins
  • les patients aux antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle, ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, chirurgie cardiaque ;
  • les diabétiques insulinodépendants ou présentant des complications secondaires à leur pathologie (micro ou macro angiopathie) ;
  • les insuffisants respiratoires chroniques sous oxygénothérapie ou asthme ou mucoviscidose ou toute pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale ;
  • les personnes avec une immunodépression :
    médicamenteuses : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive,
    infection à VIH non contrôlé avec des CD4 <200/mn3
    consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souche hématopoïétiques,
    atteint d’hémopathie maligne en cours de traitement,
    présentant un cancer métastasé.
  • Les femmes enceintes à partir du 3e trimestre
  • Les personnes présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle > 40kg/m2 : par analogie avec la grippe A(H1N1)

Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes souffrant de maladies chroniques (hypertension, diabète), les personnes âgées (plus de 70 ans), immunodéprimées ou fragiles présentent un risque plus élevé. Dans les cas plus sévères, la maladie peut entraîner un décès.

 

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