Amin Boutaghane succède à Loïc Garnier, qui dirigeait l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) depuis 2009 et qui avait su repositionner cet outil essentiel de la lutte antiterroriste en concurrence avec plusieurs structures jalouses de leurs prérogatives. L’Uclat est devenue incontournable ces dernières années. Beauvau lui a d’ailleurs confié le dossier des « revenants » de la zone de guerre irako-syrienne.

Il reviendra à Amin Boutaghane, ex-commissaire général promu contrôleur général pour l’occasion, qui a effectué quasiment toute sa carrière dans le renseignement, d’absorber l’état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT), l’autre structure dédiée à la coopération entre services créée par Bernard Cazeneuve.

Au gré des réformes et des mutations, Amin Boutaghane, originaire de Toulon, est considéré comme un homme de terrain, bien qu’il ait connu très jeune des postes d’encadrement. Au fil de ses missions, il est devenu un éminent spécialiste des phénomènes de radicalisation.

Spécialiste de l’intégration

Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur, il est proche de Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, et de Patrick Strzoda, le directeur de cabinet du président de la République, et qui était préfet à Rennes quand Boutaghane dirigeait les renseignements en zone ouest. Le dircab d’Emmanuel Macron détient la haute main sur les nominations en matière de police et de renseignements.

Amin Boutaghane n’est pas seulement un policier. Il s’est longtemps impliqué dans l’analyse sociétale de l’intégration de l’islam à la société française. Il fut membre du Haut Conseil à l’intégration (HCI), un organisme rattaché autrefois à Matignon chargé d’élaborer des rapports sur l’insertion des populations issues de l’immigration postcoloniale. Fondé à l’initiative de Michel Rocard alors Premier ministre, le HCI a disparu sous la présidence de François Hollande, en 2013.